INOPINÉMENT

*

votre application a quitté le quai

a déraillé

sans crier gare

par les fenêtres ouvertes

la poussière des mots s’est envolée

pour venir se poser

sur un vieux mur gris

lézardé

tagué, retagué

gratifié de graffiti

et l’herbe à ses pieds

rêvait de courir nue dessus

mais n’est pas vigne qui veut.

*

assiduité, concentration,

effort, soin, attention,

tous partis sans laisser de traces,

de rognures de gomme,

d’espace,

ni pelures de pommes.

*

et voilà comment

se perd le fil du temps

*

et voici pourquoi

s’en mordrait les doigts

si ne se remettaient pas

les vers dans le plat

de la main

*

les serrer alors

très fort

puis relâcher

le poing

tendre les doigts

en les fixant bien droit

attendre

compter un, deux, trois,

puis hhhuh

souffler dessus

envoyer voguer au loin

ce navire incertain

qui prend l’ombre

qui prend l’eau

qui sombre

seau.

*

et voilà comment

se poursuit l’histoire

un vide à l’aventure

une plume

de l’encre noire

jusqu’à cet instant

improbable moment

où surgit du néant

d’l’étale

littéralement

l’inopiné ment.

LES BISCUITS D’EN-LICE

Sous les doigts, un clavier; face aux mirettes, l’écran. Disons que nous venons d’ouvrir la boîte à biscuits. D’emblée ne pas se laisser impressionner par sa luminosité. Au besoin la diminuer un peu, ou l’amplifier, c’est selon. Puis les goûter un à un, une pleine poignée sinon, et voyons si, à les avaler ainsi, nous allons grandir ou rapetisser. Lire la suite

S’ESSUYER LES PIEDS AVANT D’ENCRER

*

qu’est-ce qu’il se passe si

les mots que l’on dit

racontent des mots

qui nous ont menti?

*

faudrait pas s’en apercevoir,

faudrait ignorer

ce en quoi ils sont faits?

*

qu’est-ce qu’il se passe si

la parole donnée

n’a aucune valeur?

*

un mensonge sincère

une histoire à dormir debout

la grande méchante peur

qui a mangé la petite confiance

et son panier

plein de courage percé

en combat déloyal

a gagné

*

mais si c’est faux

ça ne peut pas sonner juste

et il ne nous reste à raconter

d’un tissu de mensonges

que des limbes de vérité

*

le palpitant décousu

le sang glacé

regarder la lume

et se fixer avec

en travers des pages

*

qu’est-ce qui se passe si

on n’écoute

plus jamais pareil

ensuite?

*

pourtant on devrait entendre la mer

dans un simple coquillage

*

mais je raccroche le combiné

déconfite

un autre de plus

un autre de plus

 

 

NID D’YEUX

Un mois plus tard la chronique en bâillant se réveille, une tasse de café en pogne et une roulée au bec, toujours pas certaine d’arriver à regarder le monde froid dans les yeux. Si nombreux, sur la bleue sphère. Lire la suite

L’ARBRE AUX FOSSETTES MAGIQUES

*

dix minutes sur un banc

à sentir filer le vent

à geler du bout des gants

jusqu’au bord des orteils

l’hiver pas encore là

pourtant

pas encore là

officiellement Lire la suite

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