LOU, Y ES-TU ?

un deux trois 
j’irai dans le moi

quatre cinq six
cueillir des sévices

sept huit neuf
à mon ego veuf

dix onze douze
palpitant tout blues

hou le petit caillou

COULD YOU BE LOVED


c'est l'été
il fait nuit

des gens sur la piste
des spots colorés
j'entends les premières notes

mes pieds partent danser
emportant tout moi
jusqu'à ma voix

could you be loved

bonheur immense
harmonie

le temps n'est plus
je suis ici ailleurs

et la chaleur prend l'air
comme mes bras virevoltent
sans effort

le chant et la musique s'arrêtent
la magie se tait
mon coeur bat, bat, bat, bat

je soupire
expire, inspire
je souris
inspire, expire

retrouve enfin ma respiration
à l'abri derrière mes paupières
puis les ouvre pour de bon

je croise des yeux

les grands réapparaissent

je les avais complètement oubliés
ceux-là

dommage
c'est déjà fini.

Bob Marley and The Wailers : 1980 : Uprising : Could You Be Loved

LA FEMME DE MÉNINGES


C’est l’histoire grinçante

de la femme qui parlait

à ses placards

vociférant comme un maréchal fiérot

hurlant plus fort que le vent


C’est l’histoire d’une colère

juste pourtant

mais qui s’est effilochée sur

un montant d’porte

battante


Ô mon vaillant

neurone épuisé

on atteint le cycle périmé

Ô mon vaillant

brillant de l’intérieur

lave moi vite fait l’plancher

d’ces vaches et d’leurs moutons


C’est l’histoire d’une poétesse

qu’a perdu l’allégresse

avec les clés du chant

au fond du tiroir à brouillons


C’est l’histoire d’un changement

radical éradiquant

qui fait grandir et étête

en même temps


Ô mon vaillant

neurone bienveillant

perds pas l’sort

qui nous lie

à la bougie

Ô mon vaillant

repose-toi un temps

viendra le printemps


ou l’automne


mais quel été

en dedans !


Or l’hiver attend

rien pour attendre

patient

pas sciant


virevoltent

tourbillonnent

les petits flocons

musicaux

emplissent mon corps

emplissent mon cœur

renforcent à petits sons


Alors l’hiver à temps

pour l’ébullition

puis l’évolution


C’est la vie qui tisse

les larmes qui voilent

en bateau

et vogue, rame, barre

go with the flots

C’est la vie qui tresse

le choix qui désarme

à coup d’balai

sur les torchons

au fond du miroir à gros bouillons


Ô ma vaillante

perds pas l’nord

Ô mon étoile

filante

ménage empruntante

L’ARBRE À PALABRES

 

vous le faites marrer
avec vos crèmes anti-ride
et vos fontaines de jouvence
parce qu’à côté de lui
personne n’en a dans le bide
personne ne connaît la potence

centenaire
ou bicentenaire
il en a bouffé
jusqu’à la racine
de vos cargaisons
d’air suffocant
monstrueux bataillons
de métal crissant, fumant, crachant

chaque jour la menace
foudroyé ou abattu
chaque nuit l’espoir
sentir au matin
la caresse d’un vent
de changement
la promesse d’un chant
ton sur champ

admirez votre écorce
vos feuillages blanchis
et saluez un peu votre chance
d’être encore capable
de pousser, de grandir,
d’apprendre, de comprendre,
de rêver, d’imaginer,
d’humer, de ressentir.

cette peau qui se froisse
ces taches qui prolifèrent
ces drôles de machins qui envahissent
c’est un peu ses mousses à lui,
ses parasites,
ses nombreux habitants,
parmi les plis et replis
fendillés
de son enveloppe,
de son bouclier,
les nervures apparentes
et la lune qui bat

oh, il en a connu
des bourgeons, des printemps
des feuilles, des fleurs, des fruits,
des oiseaux, des oisillons, des nids,
des papillons, des larves, des vers,
je ne sais même pas si ses yeux
ne sont pas simplement sous terre
à l’abri
pour ne pas regarder notre monde
pour ne pas craindre nos en-vies

il est le loup solitaire,
le phare salutaire,
tant de secrets entre ses branches
murmurés à son feuillage
qu’il achemine sève à sève
jusqu’au coeur de la nature
au creux du flou
hulule hibou
dis-leur encore
que le message
n’a pas besoin de langue
n’a pas besoin de temps
n’a ni fin ni commencement
nous sommes là
et avant
et après
rien de bien mystérieux
sinon l’infini
énergie
étoile
filant dans la galaxie
et puis c’est tout
et puis c’est beau

le plus dur serait le voyage
et s’arracher d’un monde à l’autre?

larguez les samares!

à l’arrivée ou au départ
n’oublie pas de leur siffler
gentil petit merle noir
et d’imiter leurs sons aussi
afin de ne pas les effrayer
n’oublie jamais
qu’un souffle de vie
nous unit

vous le faites marrer
à chercher des titres
à bâtir des renommées
à barrer à contre-bon-sens
du cycle éphémère éternel
de celle que j’appelle
dame nature

oui, cette belle dame
fée sorcière et sorcière fée
qui est partout tout et partie
rayonne lorsque ça vit
pleure lorsque ça meurt
appelle de tous ses bruits
crie lorsque ça détruit

apaisez donc vos peurs
allons, baissez vos armes
et de grâce posez ces haches
et ces bombes
et puis lentement
venez près de moi
asseyez-vous à mon flanc
laissez fondre vos larmes
une eau si précieuse
qu’elle luit même de nuit

partageons ensemble
la drôle de boule terrestre
jusqu’à notre prochaine rencontre

la carcasse de voyage?
bah elle restera ici
et se mélangera à nouveau
tout a toujours existé
ce n’est pas vraiment nouveau.

soyez confiants
allez en paix
sur le chemin de la destinée
car je veille
phare des landes
grinçant sous les tempêtes
épanoui à l’éveil des saisons
oui, celles qui changent et vont changer
oui, sur ce globe qui a son rythme à lui
oui, chaque aller suggère un retour
et vice et versa
oui, au point d’origine
à chaque fois indéfini
oui, le point de chute
est également l’aboutissement
d’un envol
vers le haut? vers le bas?
l’espace est un silence sans joie ni traître
une pause et une course à la fois
à plein temps

non, ne ployez pas trop sur vous-mêmes
l’air est doux quelque fois
et si autour de vous croissent
des semblables, des différents,
des brins d’herbe, des buissons,
des fleurs, des cailloux,
des animaux en tout genre,
des multitudes de créatures humaines,
attendez un peu de voir
la valse des insectes,
la venue des plumés,
et cette lune féconde,
et ce soleil imposant,
la planète bleue disent-ils
c’est une perle dans l’océan des possibles

non, je n’ai pas de nom
je n’en veux probablement pas
je suis ici
y êtes-vous?

ne gravez pas ce coeur sur mon tronc
respirez simplement
tranquillement
un moment
auprès de moi

je suis ici
y êtes-vous?
patience
ça viendra
tôt ou tard
le temps sera suspendu
les émotions se feront une raison
et la pensée en sera bée-émue

il était une fois
du fait aux racines
du pied à la cime
un sage des bois
un mage des forêts
il se mirait parfois
dans l’eau d’une mare
attendant que cesse
le tintamarre

elle ne frappait plus
sur les touches de sa machine
un rigolo tout de plumes
lui avait souri
ils se comprenaient
à demi-notes
ils chantaient
sans dire un mot

un messager?
non, c’était dans sa nature
de gazouiller

ange ou démon?
non, c’était dans sa nature
de fredonner

divin?
et pourquoi pas vingt-deux?
non, c’est l’aventure
qui me permet de dormir sur les flots
mon bois flotte
ça calme, hein?
si jamais on me coupe
ou me tronçonne
plouf je vogue

ma mer à moi
est un océan de voitures
violentes bruyantes râgeuses
qu’importe
car je suis la tige mutante
déguisé le long des routes
un de ces emmazoutés
du macadam
je suis arbre-ci
mais plus pour très longtemps
elle arrive l’embellie
j’avais pris la peine Capitale
mais je vais partir bientôt
je ne sais pas en quoi
je vais revenir
ni si je reviendrai
encore moins juste là

voilà
comme ça
je suis l’un
parmi tant d’autres
nés nu-fard
gardiens de lume

nos feuilles murmurent pourtant
quand vient le vent
sève de sens

arbres
de passage
et sans condition
ainsi nous passons
inaperçus
silencieux
de pages en planches

cale-porte cloporte
tonne tronc fût à l’affût
terril tertre traître
haut bois aux abois
bitume écume
panne sèche
la souche débranchée
du réseau forestier

LIBRE PUPITRE : DUBSTEP

Un grand souffle d’air frais et radieux entre les ouïes, merci !

The Science of Dubstep

*sous-titres (icône) et transcription (sous la vidéo) en français

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