CALICE VIBRANT

Qui cherche encore le Graal ? Voilà, la question est lâchée. À ses trousses une horde de réponses, à cheval sur leurs principes, s’organise rapidement, trébuche, se fait éjecter de sa monture et semble renoncer à poursuivre le chemin.
Puis la mine s’étonne, la gomme s’agite, le papier se noircit. Il faut de la soluce sans plus tarder ! Les idées luttent. Les ratures pleuvent. Peu à peu l’encre lève l’ancre. Et aussitôt le flot se tarit de nouveau. L’attention s’amenuise, l’esprit vagabonde. C’est la déconcentration totale ! Alors le crayon est mordu, les mots sont remâchouillés. La panique s’invite à l’improviste face à la gueule béante de la corbeille moqueuse.

Qui a peur de la page blanche ? Une boule de papier vient d’atterrir au sol, manquant son but à deux titres. Aucune réponse, aucun score. Hésitante et dépitée, la main rejoint la poche pour aller se balader, prendre l’air à plein masque au dessus des pieds qui marchent, qui marchent. Ah ça pour cheminer ça chemine, m’enfin seule la digestion profite de l’instant, le cerveau quant à lui boude. Oui, c’est la page blanche ! Le vide, le néant, le rien plutôt que quelque chose. C’est ennuyeux, pas inquiétant. Par ricochet la peur elle se dégonfle et retourne se tapir au fond du ventre. Elle se met en boule et roupille, apparemment. Pourtant, si on voulait bien lui prêter mieux l’oreille, l’écouter vraiment, on saurait que le vers ne dort que d’un oeil.

Qui connait le grand YakaFaucon ? Il est partout et nulle part à la fois. Implaccable il s’érigera en maître du savoir-dicter, faisant ainsi renoncer le moindre faire avant qu’il n’ait eu l’idée saugrenue de chercher son savoir. Il s’indignera du temps qui passe le laissant cependant se perdre, et ne possède aucune notion d’entraide et d’harmonie. Il veut, il exige ! Heureusement, bien souvent, il n’obtiendra que le vent qu’il insuffle. Il bout, il bout, et l’eau se marre en l’observant. Remous. Ça ne va plus tarder à déborder, et vous allez me dire : mais ça n’avance pas cette histoire et où est-elle passée, d’abord, la grande aventure ? Je répondrai : ça dépend. Soyons sérieux, une histoire « ça n’avance pas » véritablement, elle stagne en mots troubles et se déroule hors du temps présent ce qui confère à la lecture une vitesse proche du bigorneau flotteur. Pire encore, qui saurait demander en quel lieu survient l’aventure puisque, lorsqu’elle se présente, combien serons-nous à la rater, de toutes façons, toujours de peu, ou même d’un cheveu. Ce qui nous ramène à la soupe et à la sensation désagréable que nous éprouvons à le trouver dedans. Poilant ? Notre amie, TakaLaBuse, aura bien visé son coup en le plaçant de la sorte, sauf que. Et oui, mes zigomateurs et teuses, sauf que !

Fonds de tiroir. À trop ramer dans la semoule notre zigomarde/zigomard finit toujours par s’en aperçevoir, par s’en étonner, or là où pousse l’étonnement c’est pile le bon moment pour sauter à pieds joints sur un tapis volant ! Cela ne fait aucun doute. Il suffit juste d’ouvrir l’oeil avant la boule de papier qu’elle/il a dans le ventre. Et alors paf shazam, elle/il a aperçu le graal. Voyez un peu l’truc ? La perception. Une perspective. Un point de vue. Avec de la distance, du recul. Bon, de là à comparer notre cibouleau à une corbeille béante remplie de brouillons il n’y a qu’un saut, que je ne saurais franchir : le choix sera notre morceau. Il va donc falloir planter la fourchette en son coeur, découper l’hypothèse en plusieurs lamelles, en évitant soigneusement la sauce. Émettre un choix défie le mur du sens parfois, néanmoins, si nous recherchons plus que quelque chose, si nous cherchons à voir quelque chose se produire, se faire, ô magie, il faudra rapidement inclure notre personne dans cette décision. Exercice d’application : il n’y a pas de la vaisselle à faire mais je fais la vaisselle, il n’y a pas du graal à trouver mais je trouve le graal, il n’y a pas de quoi ? Oh que si, et je remercie vos mirettes de suivre ce blog. Angle net.

4 réflexions sur “CALICE VIBRANT

  1. Chantal dit :

    j’aime toujours autant et le dis haut et fort!

  2. Anne dit :

    Les mirettes écarquillées te remercient de l’écrire, ce blog !
    Tes mots justes pensent et pansent mes maux du jour… pour ça aussi, Merci.

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