NOTRE AMI LE BLAIREAU

Salut à toi, ô Zyeuteuse ! Salut à toi, ô Zyeuteur !  Nan mais… t’as vu ça ?! À défaut de féminin pluriel, la voilà qui tente une approche tutoyante. Et tu veux que ch’te dise : j’aime ben ça*, m’enfin où irions-nous, peuplade assoiffée de news fraîches, si je ne vous englobais pas d’un grand méchant vous dans mes pensées** ? Résumé des épisodes précédents : après avoir franchi la porte d’un bar à 21 consommatrices, récuré les petons de Cloacina, l’Entre-Prises se dirige à plein tube dans l’espace infini de la blog-galaxie. Une nouvelle aventure commence. Verrouillez les sas, on fera sans.

Aujourd’hui, rencontre du troisième type en partant de la gauche. Nope, pas celle-là. Ton autre gauche. Welcome to the malhabile side, le côté obstrué mais obstiné de la force, j’ai nommé : mon ami le blaireau ! Vi, en effet, c’est bien joli un blaireau, ça sort la nuit et ça vit 14 ans en gros. Haut comme un banc de piano dont on aurait un peu scié les pattes, ça déambule comme un ours enfariné et, quand ça tourne le museau, c’est pile le moment où ton cerveau t’annonce que le chien qui marche bizarre devant tes phares n’est point l’instrument de rasage que tu croyais. Fichtre ! Hérissé de part et d’autre de ton body ton pelage humanoïde t’appelle vivement au calme et à la sérénité.

Yep, le blaireau est lâché pis ta soirée s’annonce pleine de rebondissements. Tu te croyais peinardement vautrée au comptoir avec ton galopin et quelques joyeuses frimousses, prête à en découdre de l’importance du bouton d’allumage et d’extinction sur la face avant des téléviseurs, lorsque, subitement, ta mousse se fige. Scrouitch. Le temps vient de s’arrêter net, scotché derrière la lunette de l’horloge murale qui observe, interdite, les secondes aux abois se presser une à une contre le cadran en émail. La trotteuse, la grande aiguille, puis finalement la petite aussi, se mettent à fondre Dalí styley. Ça sent l’pâté. T’as une mine déconfite qui te transforme illico en cornichon flottant. Ça va tourner au vinaigre, c’est évident. Dès l’instant où tes phalanges agacées se referment dans ta paume en suée, tu as vu, tu sais : l’envahissant est là !

<Tain les tronches de pinioufs ! > pourrait alors s’accommoder d’un ravissant <C‘est ras la gueul’ de gonzesses ce soir> que ça ne nous avancerait pas mieux hors de la pénible tranchée creusée sous nos pieds. Va falloir sortir les gants, les gants de toilette, et lui laver le clapet au savon. Au sens figuré bien entendu. Nulle victoire possible dès lors qu’une approche physique, un simple pas, un simple geste, serait esquissée. Notre proie, mesdames, messieurs, ne se doute pas encore que son taux d’alcoolémie aborde avec fraternité notre quota de patience. Il va déverser du verbe élogieux à toutes les sauces jusqu’à extinction de feux ses oeils, nous agglutiner le moral et les tripes en borborygmes flatulents et vin-diktat-tifs. Le blaireau est véner, le blaireau en veut à toute la terre, le blaireau a mal aux cheveux.

Mais écoutons-le, quand même, car je pressens que son conte est bon : <j’le r’ga’de, voir, pis l’aut’ i’mate droit dans les, droit dans les, droit quoi, et là j’te me lui ai emmanché une de ces beign’s, mon pote>. D’une main ferme et lointaine à la fois je le coupe net dans son discours, pourtant si prometteur, et le fustige d’un <MA pote>. Soudain il s’illumine, foudroyé tel le réverbère crasseux entre les parois duquel un moucheronnicide a eu lieu. Il pige le truc. L’engrenage accroche enfin une demie cellule dégrisée qui passait par là. Un miracle, quoi. Il s’exclame alors : <‘tain, mais je m’disais aussi, ‘tain mais y a que des gonz’ ici ! >. Pile poil, mon petit civet. Le lapin. Le lapin ! Car il s’agit effectivement d’un beau lapin.

À l’heure du bio, qu’il semble facile de rectifier en rongeur un blaireau : il suffit d’imiter le cri de la marmotte. Car elle vient juste de renverser sa dernière tasse de café fumant sur sa patte et son casque ne pendouille pas, bredouille, autour de son cou, puisque sans fil : il a rejoint le liquide sur le peton endolori. Pis comme elle a oublié le son génial qui emplissait ses oreilles et couvrait entièrement sa voix, direct elle monte son volume au maximum, c.a.d. à 11. Réveillée façon mammouth-en-pleine-course décongelé, elle se défait aussitôt de son attirail, décide de lâcher le morceau. Cru. Sanglant. Qu’attendons-nous de ce titre, qu’entendons-nous par ami ? Que dalle, mes gloubinours, nous ne devrions rien attendre d’une chronique sans dent qui mâche du vent. Je vous invite cependant à vous rasseoir devant l’post. Qui pouvait donner hier une estimation assez juste de la durée de vie d’un blaireau ? Et le mesurer ? Ah. Voyez combien cette lecture est enrichissante ! Du pur récit neurolaxatif, une véritable pompe shadokienne à réflexions ! Oui, là où je vous emmène, je n’en reconnais ni la porte, ni le contour, ni le chemin, ni les détours, pour la simple raison que j’y vais au pianoctet, tête enfouie dans la sonnette du guidon, mot à mot. Vous me suivez ?

Partir ailleurs pour zéro balle, atterrir nulle part sans l’annonce moisie de rigueur, manger du paisible, boire de l’air, lire ensemble dans la bonne direction, tu parles si ça file des frissons à notre ami, le blaireau. Il sommeille, en nous, et il a pour mission d’étouffer la marmotte ! Allons-nous énergiquement le laisser faire ou plutôt calmement regarder pousser l’herbe sur les pages ? Oh bah tu peux faire l’autruche, gentil quidam, t’enduire de boue la figure ou couver un oeuf en marmonnant. Le bon arbitre est un arbitre libre. J’ai le droit de suspendre ton temps de lecture et tu as le droit d’appuyer sur l’icône de la corbeille. Y a plein de choix à cueillir, y a plein de machins à découvrir, paraîtrait même qu’au delà de not’ paillasson il y aurait …des rues, des rues avec des gens dessus ! Pas de panique, mes zigos, je ne crains pas le point final, ni d’apostropher l’article de la mort qui tue. Je n’dis pas non plus que j’y parviendrai, note bien. Néanmoins toutefois ceci étant dit j’aime le contact de tes mirettes sur ma phrase. Non, pas si près. Outch ! Pan dans l’front. J’avais prévenu.

Bonjour chez vous,

ZD 

* pompé au roi de Kaamelott tandis qu’il s’apprêtait à boire son lait chaud au miel.

** mix-emprunté à Serge Gainsbourg

2 réflexions sur “NOTRE AMI LE BLAIREAU

  1. Anne dit :

    Regardé hier soir: « Groundhog Day ». Sourire de marmotte en retrouvant tes chroniques !

  2. ZigomaD dit :

    Les marmottes vaincront!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :