TEMPÉRÉ, LE SEMIS EST LÂCHÉ

Demat les Zigomardes & Zigomards ! Z’avez sans doute déjà tiqué sur le raccourci incroyable ci-dessus pratiqué. Aux charmantes mirettes assidues, je lance un radieux trugarez! Mmh? Demat, Trugarez? Bon, me d’mandez quand même pas d’certificat, cependant je soupçonne sérieusement un vaillant zeste de sel breton de m’circuler en clopinant dans les veines. Avec ça, mon karma et ma carte à thème astrologique, nous devrions facilement avoisiner l’endivation spectaculaire. Mais sinon, pourquoi tailler subitement la tranche à la régionale? Qsqosef* à l’heure européenne? Ben, un peu rien, un peu tout.

Le français, ma première langue, ma langue pater-et-mater-nelle, seul outil avec les stylos et les feuilles volantes qui m’ait alpagué le gratin du casque juste avant la poussée d’acné. La grammaire d’Oïl francacophonienne, superbe matière à modeler, à bricoler, à triturer! Ce french clan-cran s’est imposé tout naturellement à ma pomme comme base, terrestre et lunaire. Nous avons donc passé de longues heures à nous observer. Nous étions grave à la colle. Or ce qui aurait pu nous diviser davantage nous a ressoudés : puisant dans d’autres langues des formules, des idées, des mots, et ensuite puzzle, et ensuite bang, et alors pifpaf, le jeu en vallait lâchant d’elle.

Par contre, naître blanche et francilienne, ça a un prix : celui de la peau fine et claire qui ne supporte ni le grand soleil ni le grand froid. Somme toute, un épiderme entre deux chaises. Heureux sous le ciel bleu et chaud quand un vent frais souffle, heureux sous le ciel gris et froid bien emmitouflé, pas difficile, le machin, juste retors. Du chien-dent, probablement, mais de là à déclarer que ce serait une mauvaise herbe…

Quoique, si, finalement : <Il est important de prendre conscience que le désherbage systématique des plantes adventices n’est pas une pratique adaptée ou réfléchie, mais juste le reflet d’une incompréhension du fonctionnement des écosystèmes et de la place de l’homme au sein de ceux-ci. Les effets néfastes de cette pratique sont plus importants que les bénéfices qu’ils apportent, mais cela ne se voit pas.> Cette semence phrastique, chopée sur Wikipédia, me fait diablement sourire d’un email divin. Qui, au sein de cette humanité galopante rugissante turbo-carburante, est à sa juste place dans l’arbre géologique de notre planète?

Baaah, allons fêter dignement nos carcasses coiffées d’entonnoir sous une bonne douche. Ou pas. Mouais, j’ai dit ou pas et ça se veut méchant un ou pas comme celui-là, car il induit exactement un faux-pas. Eau de pluie, cascade, fonte des neiges pas si éternelles, manne vitale, si pure et si fragile, tu es un luxe exorbitant.

Notre hygiène repose entre tes gouttes, notre salut aussi, pourtant le Café de Chlore a déjà ouvert ses lourdes portes, répandant dans les robinets un liquide aseptisé infect. Nous sommes trop nombreux, irrespectueux qui plus est, et les conduits et les tuyaux et les baignoires, erf encore le coup des bouteilles d’eau, pis jusqu’à la déverse de petits et monstrueux n’importe-quois dans les flots marins. Notre espèce s’approprie mal ce bien authentique de la Terre, cette offrande nécessaire …aux vivants parasites.

Tempérée, je sème au vent. Tempérée, je pose des mots sans encre sur du papier inexistant. Tempérée, je fais ronronner mon propos, entre félin somnolent et Viper au ralenti. Bouillonnante de calme et sereinement énervée, j’ai ce rêve idiot qui me trotte contre les parois de la carafe. Et si on faisait gaffe. Trop d’eau. Paradoxalement je sens frétiller, vibrer, murmurer un chant, celui du souffle d’avant la tempête. Nous naviguons entre les os du temps, les yeux fermés, tirant la corde d’un côté puis de l’autre, essayant, poussant les limites, trouvant parfois l’équilibre après le chaos.

Dis-moi, bon génie de la lampée, l’eau coulera-t-elle encore demain à mon robinet? Je m’assieds face à l’évier, implorant son pardon : <Je viens des pays tempérés, j’ai pas eu le choix, j’ai envie qu’un soleil me sèche, me brûle et me broie**>. Il chuchote à son tour <de changer encore une fois, d’endroit et de loi>. Je réside partagée. H2O : don d’ubiquité ou droit de sol?

Merci la pluie.

Bonjour chez vous,

ZD

*qu’est-ce qu’on s’en fout

** paroles extraites de L’autre [Baroque Bordello, 1985, Via]

Une réflexion sur “TEMPÉRÉ, LE SEMIS EST LÂCHÉ

  1. Lady Kiou dit :

    Je me verrais bien lire tes écrits sous un arbre, mais seulement voilà, je ne souhaite pas me procurer un appareil qui sera obsolète dans 6 mois… A bon entendeur😉

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