RAS L’ÉTIQUETTE

Hello les Zigonautes! 

La confusion. Nous en sommes régulièrement irradié/e/s par les dieux de la consommation. Quelles sont nos exigences? Quels sont nos besoins?

La barre trop haute rendra la chute aussi grande, et s’il ne s’agissait que de rater puis réessayer avant de s’avouer vaincu/e/s tout irait bien. Sauf que leurs épées de Damoclès volent et vrillent au dessus de nos têtes : faudrait voir à être le/a meilleur/e! Aussi, quand bien même nous ferions de notre mieux, que nos pas seraient maladroits mais présents, que nous cesserions de jauger, juger, tailler des costards, comparer, ils nous barreraient encore la route. Sacrément intentionnés, les titans.

Malheureusement ce n’est pas demain la veille que nous reprendrons en main notre temps, et le sacre des menottes à zapette observe avec un émoi profond l’année 1949, lorsque naquit le premier journal télévisé. Ah, comme les émissions filent! Et l’histoire se répète, la grande comme la petite, le monde comme la famille. Un repère au milieu? Soit. Prendre soin de notre image. Car la géante étiquette nous observe.

Les adultes seraient donc des marmots, de ceux qui imitent le cri de l’animal dessiné dans le livre, de ceux qui reprennent en choeur les phrases toutes décongelées et recuites, transmises ou transcrites, en évitant soigneusement de passer par la case prendre du recul. A-t-on jamais entendu un/e môme s’écrier : cet âne il n’a pas l’air si idiot au fond, ou ce coq, là, il est trop prétentieux avec son bruit? Non. D’abord un enfant ça doit regarder la télévision. Du coup c’est sage. Voilà. Et au pire, s’il/elle se promet d’acheter un jour ce que les réclames lui vantaient, bah ça nous fera un/e gentil/le consommateur/trice de plus à p… heu à nourrir de messages.

Rien qu’un détail, pas plus gros qu’une marque, qui s’était répandue vingt-trois ans plus tôt, en 1990. Les gamins se ruaient dessus, pour en obtenir un le premier, et les gamines se demandaient si, après les jeux de construction, les circuits de course, les voitures radio-télécommandées, et les talkie-walkie, cette nouvelle série de jouets –électroniques– allaient aussi leur passer sous le nez. Faut savoir que la capacité d’apprendre par le jeu perd beaucoup de sa puissance lorsque les règles sont biaisées, lorsque les dés sont truqués.

Le hasard aurait-il voulu ainsi démontrer que la sempiternelle séparation des genres les nanas en rose et les mecs en bleu persisterait? Tout seul!? Bah vachte, il est fort, le cornichon, et son navet, immense. Tsss, dommage que la Microvision, créée en 1979, ne connut pas plus de succès : son nom était assez banal pourtant il sonnait un brin plus juste à l’unisson. Or, la fameuse console de jeux vidéo portable, vous l’aviez deviné, avait été baptisée royalement la Gameboy. D’emblée pour nous les filles, ça sentait le pâté : un jeu (game) de garçon (boy). Oo.

Nous excellions apparemment tant et tant dans l’art de pouponner et rêvions indubitablement de nous couvrir d’or et de rose fushia pour promener miniKen. Quoi? J’ai l’air de plaisanter? Sûr, si j’avais été rousse et rebelle, vêtue d’une longue robe bleue, je pourrais peut-être aujourd’hui prétendre à jouer un personnage féminin à la folie douce et être prête au combat (soyons clair, à la course, enfin poursuivie c’est presque pas du tout pareil) dès la première partie. Cela dit, pas de panique : beaucoup d’autres jeux proposent d’en obtenir une, d’héroïne, si si, une fois accomplies quelques aventures sous les traits d’un protagoniste disons, plus masculin. XxP

Évoquons pour finir la nette préférence générale pour l’utilisation du mot manette ou manette de jeu. Cette traduction politiquement correcte, mais imprécise, du terme anglais joystick, néglige toutefois de mettre l’accent, d’étiqueter clairement, l’origine du blocage. Dans le souci d’afficher un décor plus complet, notons que stick signifie bâton, branche, baguette, manche (à balai…) selon le contexte, et que joy signifie joie, plaisir. Me voici donc au coin. Un bonnet damned sur la carafe.

Heureusement que je suis une fille, elles au moins, ont le droit de pleurer.

*

Bonjour chez vous,

ZD

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