LA MÉLODIE DU PHÉNIX

MightyNacht,

Alors il y a des soirs comme ça, où ça balance grave, oui, mais de travers. Il y a un truc qui cloche, insipide et rance. Enfin quand je dis qu’il tinte, en fait il badavlangue* contre les murs du temps. Les paumes trouées, la langue pâteuse, le palpitant étriqué, avec un finish éblouissant au programme : la transmutation en goule anxieuse. Éclatés aux quatres coins du chignon, des mots, des notes, des images, des idées, sans saveur, tout juste bons à former un tas de ratures, de couacs, de pelures, d’épluchures. Compost de bulbe.

Où est encore allée se fourrer, se tapir, se calfeutrer, l’énergie? Mirouère, mon beau miroir, raconte-moi l’histoire de la confiance en soi. Quand le corps, cette carcasse, n’a plus l’âme d’un cuirassé, quand le fil des jours casse, que la trame s’est détricotée, l’impalpable, le grand flou, nous sort des rails et nous ferait presque prendre des vessies pour des lanternes. En garde! Dégageons les épaules, reprenons notre souffle, rallumons la bougie interne : qu’est-ce qui nous habite en boule au fond du ventre? La faim? La fatigue? La trouille?

Un mot, un regard, un geste, un baume qui pourrait tout arranger, juste un son, un sourire, une main, une baume chaleureuse où se blottir. Entre ce passage sur la planète et l’illusion d’éternité, lorsque la constance de notre volonté affronte les échecs et manque de s’effriter, quelle voix rêvons-nous d’écouter? Celle qui rassure, celle qui attend, celle qui pardonne, celle qui comprend, celle qui guide, celle qui protège. Et tout redevient possible. Et rien n’est insurmontable.

Aura de sagesse, étincelle harmonieuse, pierre de lune magique, je les poursuivrai jusqu’au crépuscule et tracerai jusqu’à l’aube de ces lettres, de ces signes, maladroits, incertains, et ce ne sera là qu’une ébauche pour défricher un chemin, rapporter les brindilles, repriser les cailloux, pourtant m’en approcher encore, chérir et tisser le conte fidèle d’une si belle vérité, d’une si prompte croyance, de cette rencontre aussi soudaine que souveraine : l’amitié absolue.

Bonjour chez vous,

ZD

*

* badavlanguer : (onomatopée devenue verbe d’occasion) se taper un peu partout contre les trois dimensions. Ou comme si un troll invisible se servait du sujet comme d’un yo-yo exaspérant.

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2 réflexions sur “LA MÉLODIE DU PHÉNIX

  1. 😉 A friend is someone who gives you total freedom to be yourself – Jim Morrison

  2. ZigomaD dit :

    Absolument vrai. Une note si juste ; ) Thanks

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