UN SORTILÈGE À LA GOMME

Avé Zigonautes, joyeuses citrouilles à vous!

Hululements inquiétants troublant la nuitée silencieuse, draps suspendus oscillant mystérieusement, lueurs et froissements, frissons et craquements. Soudain, l’arcade des sourcils copieusement réhaussée, se surprendre à épier le contour des ombres. Une silhouette semble approcher, une présence là tout près, comme un sortilège aux aguets.

Absolument, que c’est la saison des bougies qui rigolent, le grand bingvadablang des chaudrons à main rutilants où se retrouvent pêle-mêle : friandises mirobolantes, monstrueuses sucreries, surprenantes pâtes à mâcher, à buller, à mousser. Le tout noir-orangement criard. En imaginant de réussir à faire gaffe au suppléant hyper-omniprésent, ce substitut paralimentaire* dont les effets se feront probablement sentir autour de 2030, grâce à la contribution trébuchante toujours plus large d’une euphorique population de cobayes consentants, j’ai nommé l’inévitable monsieur l’aspartoum, hup hup barbant truc?

Grinçant, n’est-il pas? Juste un zeste. En même temps, sourire, et surtout sourire avec un dentier en plastique bordé d’incisives atrophiées collé dans l’bec, ne serait pas chose facile si toutefois le moral ne gardait le cap à grandes giclées de rince-caries. Aussi négligeons encore cet agaçant intrus en l’ingurgitant vaillamment, le cerveau braqué vers l’essieu -plus couramment labellé nombril à syphon. Insérons-nous de l’édulcorant dans le claquoir, mastiquons royalement, chouing chouing, et rappelons enfin à nos fines ouïes le bonheur de leur nettoyer le conduit.

Heureuses minutes, précieuses secondes, où l’insouciance nous guide de son pas titubant vers les contrées abruptes de l’abominable vérité : rien ne saurait égaler l’humble tentative de traduction d’une chansonnette des Angles, si ce n’est la bravoure inébranlable d’un envol en suraigü majeur par une bande de minots railleurs. Tournons le sinistre en dérision, les squelettes pour compagnons. Novembre arrive, l’hiver en tête, pourtant c’est encore l’automne et ses rougeoyantes, et ses orangées, et ses verts luisants, et ses jaunes chaleureux, et ses marronnades, et ses fruits des bois, Dame Nature, une dernière danse avant l’grand somme :

Des guimauves, au kilogomme!
Du potimarron, à fond la gomme
Astuces, grimaces, tout’ la gamme!
Du suc’, du suc’, par ici les grammes!

Rira bien qui rira le dernier,
Un sortilège nous protège!
Un sortilège nous protège!

Rira bien qui rira le dernier,
Visez juste au fond du panier,
Un sortilège vous protège!

Bonjour chez vous,
ZD

🎃

*paralimentaire = de la famille des c’est-assez, caractérise un genre de gibolin à denrée qui s’est mystérieusement(?) répandu sur et sous les étiquettes. Voir Les Deschiens, rapport au gibomachin.

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