MÉGALO PÔLE

Plop!

Tu en rêvais chaque nuit mais ce matin ça y est : tu es en train d’écrire la meilleure chronique de ta vie. Tu le sais, tu le pressens, tandis que sous tes doigts le clavier ressemble à une batterie au complet, grosse caisse, toms, cymbales, charleston, double-pédale, baguettes, fouets, cloche, gong. Poumtchak! Enfin la lumière sera faite. Oui, la vérité s’étalera au grand jour. Génial. Une belle matinée qui s’annonce alors?

Soudain les secondes trébuchent, ralentissent le débit. Parce qu’une investigation ne s’invente pas. Tu pars cliquer les pages du dictionnaire sauf qu’elles semblent s’être collées les unes aux autres. Tu viens bel et bien de pénétrer dans la zone 404 d’internet. Ton existence s’en trouvera pour toujours modifiée. Tu n’as pas accès, tu n’as plus accès, à l’information. Ta recherche ne peut aboutir.

Tu enfiles ton armure, manteau, veste, blouson, et tu sors affronter les rangées endormies de la bibliothèque de ta mégapole, de ta ville, ou de ton patelin. On va dire que ne créchant pas dans un hameau hyper isolé, tu peux simplement t’y rendre en tram, en vélo, à pied. Bah, manque de bol, c’est fermé pour l’instant, parce que, soyons logique, il y a grève, inventaire, nettoyage de printemps, ou encore parce que tu ne connaissais pas les horaires d’ouverture.

Les minutes enfourchent leurs dragons, s’élancent vers des contrées impossibles, lointaines. Tu vas t’asseoir dans un troquet ou sur un banc public ou sur un trottoir. Tu prends un café, un instant, l’air. La fameuse enquête piétine. Sérieusement. Alors tu décides de rentrer, de te remettre à écrire. Si seulement tu savais quoi. Vide sous cloche.

Être porte-voix, ce serait la solution. Plus besoin de se creuser le bulbe. Faire tranquillement circuler les messages informatifs, aligner les réclames, avec que du beau cliché sous la langue : vaccinez-vous contre tout / allez voter untel / achetez moins cher, mieux, plus, maintenant / ah la crise / ah la fracture / oh le moral général. Homo spamien. Au bout d’un moment, tu choisirais même un clan. Il définirait petit à petit l’angle de ta plume. Tu irais aussi marteler tes commentaires acerbes sur des sites web célèbres, vitrines électroniques de professionnels. Distillerais ton temps gratuitement. Drôle de bénévolat.

Patience. Essayer. Tenter à nouveau. Accumulation d’idées, de questions. Ensuite, quand le bug, le problème de réseau, la panne de courant, aura été réparé-e, un bon rinçage de frimousse à l’eau claire et fraîche. Et peut-être qu’à tes heures suspendues –pas perdues, hein– tu iras pondre un article, pour un blog, un fanzine, une poignée de mirettes. Juste histoire d’entamer le dialogue. Pool d’improvisation.

Bonjour chez vous,

ZD

Tagué , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :