DOS À DOS

Aloha!

Ha la la qu’est-ce que ça dort un ado! Et pourtant, quelques années plus tôt, dès que plus petit ça dormait on louait les anges du sommeil et de la connexion des neurones. Pis ça se lève tard dès que ça peut un teenager. Et pourtant, quelques années plus tôt, on vénérait ce repos mérité, nos grasses matinées, les siestes. Pour un peu ça vit dans un cocon ! …Et vas-y que ça jase chez les plus âgés qu’eux comme quoi ils auraient hérité d’une sorte d’alien.

Je commence par sourire, puis finis par en rire. Les ados, les teenagers : des aliens? À ces étranges extraordinaires terrestres, je souhaite la bienvenue. Guider n’est pas une manoeuvre facile, comprendre n’est pas un don instantané, et accepter ressemble à s’y méprendre à une magnifique étoile filant dans le ciel.

Où est le problème? D’abord, observons : le nouveau né a son rythme propre, pareil pour le jeune enfant, le jeune adulte, l’adulte, le parent, l’adulte plus âgé, le grand-parent, le vieil adulte. Aucune étape n’est égale en équilibre et déséquilibre, pourtant toutes sont capables de s’accompagner. Y a-t-il une période plus évidente qu’une autre?

Partager son temps de vie avec un être humain est affaire d’amour et d’humour, de confiance et de respect. Jalouser ou diaboliser les capacités d’une personne, aussi jeune –ou vieille– soit elle, n’a rien de bien reluisant. Se transformer en adulte prend des années, malheureusement beaucoup de déjà-adultes veulent conseiller, pire contrôler, les bientôt-adultes, alors même qu’ils ne savent pas bien eux-mêmes ce qu’ils font là au juste, ni où ils vont, ni qui ils sont.

Je n’ai jamais aimé que quiconque tire. Surtout pas les yeux bandés. Les non-encore-adultes, petits ou grands, ne sont pas des cibles sur lesquelles on peut se défouler, jeter mépris, sermons, marques de supériorité. Sinon pourquoi leur avoir un jour donné une place dans votre vie? Pourquoi les avoir appelés à atterrir sur cette planète?

Entre 12 et 18 ans il se passerait un truc horrible  –l’âge ingrat– et un monstre apparaîtrait soudain! Tin tin nin. Gros suspense. Un enfant aurait été kidnappé par lui-même en plus grand! Oo. Donc la famille vacillerait. Mmh, ça pour vaciller, elle va probablement tanguer, surtout si personne ne s’essaie au bon sens à la barre du navire. Organisons plutôt des tours de garde avec eux et profitons de ce qui a été bâti entre eux et nous, des liens tissés depuis le berceau.

Il faudrait avoir également clair à l’esprit que la chance n’est pas immédiatement à notre portée : nous pouvons la désirer, faire de notre mieux pour nous en approcher, cependant les vies sont libres comme des électrons. Comment peut-on laisser pousser un enfant chez soi sans s’en apercevoir, et d’ailleurs, tiens, sans l’apercevoir? Ah, nous étions là. Vraiment? Parents, si nous avons peur, cette peur n’appartient qu’à nous.

Oui, les pré-adultes vivent mieux de nuit : d’une, nous n’y sommes pas, et de deux, ils/elles peuvent se confronter  seul(e)s aux règles établies. Car l’adolescence, c’est l’aventure avec un grand vent, ce sont des ailes qui devraient se déployer de plus en plus, de mieux en mieux, et c’est pour les parents enfin le moment de rencontrer cette nouvelle personne qui a grandi au sein de leur famille.

Permettez que je vous présente le môme qui, depuis le premier jour, nous connaît, nous entend, nous écoute, nous a mimé, nous a souri, et a pleuré aussi. Avons-nous essuyé ses larmes, souri en retour, dessiné une mimique juste parce que? L’avons-nous écouté? L’avons-nous entendu? Le connaissons-nous?

Bah m’est avis que nous n’allons pas tarder à découvrir sa personnalité, ses rêves qui bouillonnent en dedans, ses limites, ses qualités, ses compétences. Encore faut-il discuter avec. N’attendons pas que 18 ou 21 ans sonnent pour nous frotter les mains : l’adulte de demain était auprès de nous. Comment était la balade? Sur quels chemins nous séparons-nous? Avons-nous des points de rencontre? Une envie de vivre toujours plus forte?

Poussée de croissance et poussée d’hormones s’en donnent à coeur joie, le monde s’ouvre à eux, alors faisons leur un peu plus de place, proposons leur une épaule où s’appuyer, un tremplin impartial. Réfléchir, choisir, assumer, partager, travailler à cet autre idéal : l’échange de pensées, de savoirs, de recettes, d’histoires, de découvertes…etc.

Imaginons que ce sont, dès maintenant, non pas de grands enfants, mais de jeunes adultes. Puisque tel est leur chemin, aidons-les à le préparer et apprécions leur envol.

*

Bonjour chez vous,

ZD

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