LA SERPETTE & LE BRIN

Aux anses, cafétoyennes, cafétoyens!

La saison bourgeonnante et lumineuse, enjouée et capricieuse, bourdonnante et luxuriante, s’accompagne de chants aériens et d’un grand souffle de renouveau. Une brassée de pixels pour y plonger les mirettes et s’enquérir, de pétales en brindilles, de la santé du calendrier. Allons fêter la journée des travailleuses et des travailleurs, pourtant, entre les mille et une pages d’un lourd dictionnaire, j’ai bien l’intention de conserver un brin de muguet frais et parfumé pour y séjourner jusqu’à la mi-juillet.

À la serpette, cueillons, cueillons, sinon au marché achetons, ou encore chez le fleuriste, en gardant une peine au coeur. À ce premier jour de mai je laisserai son symbole, son énergie, mais le saupoudrerai d’une pluie chargée d’espoir. Que chacune et chacun puisse oeuvrer en harmonie et en paix. Et lorsque résonneront les pas cadencés de la fête de la Révolution, j’aurai comme chaque année un pincement à l’âme : quand droits et liberté d’expression rimaient avec sang et barbarie.

Enfants, femmes, hommes, pauvres ou riches, blessés, tués, par les soldats de la gouvernance ou par une foule assoiffée de vengeance. Lorsque la conviction et les principes sont nourris par la force brutale, la réponse ne se fait pas attendre. L’incompétence d’une part et la famine de l’autre feront le reste. À vouloir soumettre et brimer on récolte la haine et l’injustice. Alors les meurtres, alors l’impensable, alors la cruauté rejaillissent encore.

La loi du plus fort est la bassesse même. Car si la puissance est liée à notre esprit, si son énergie est reliée à notre corps, c’est de l’art de les conjuguer et non de les segmenter que vient notre véritable talent. Par les sens, nous existons. Par le verbe, nous pensons. Par eux, nous sommes. Or comment ce cerveau si imposant, capable de réflexion et d’imagination, s’éparpille-t-il en piètres desseins bâclés, bafoués, gâchés? Que le corps veuille bien lui pardonner.

À la différence des animaux, notre instinct nous pousse à braver la sélection naturelle. Mais au nom de quoi, au nom de qui, la chair à canon, la bombe à neutrons, les cris au chatterton, les massacres de populations, l’ordre de tuer, de détruire, d’étouffer, d’annihiler? Tant que guerres et crimes perdurent nous ne valons pas plus que des poules sans tête, des raisins sans pépin.

Nous ne sommes, à la fin, que sable et poussière, à la fin, nous nourrirons les vers. Seul est lumineux le souffle de vie sur cette ancienne planète Terre, dont le sol, s’il n’avait été qu’eau nourricière, aurait fait de nous des poissons, du plancton, et notre monde ne se nommerait pas. Acqua, à quoi bon se tourmenter? La fleur porte-bonheur tinte son parfum sous notre nez.

Lily of the Valley. Lilium Convallium. Lis de la vallée. Aux larmes versées des familles du passé, du présent, ce sera le dernier brin de muguet frais que je sacrifierai. Qu’il pousse, après le perce-neige –autre clin d’oeil de la nature– et chaque fois ranime la lume déjantée d’une petite d’humain atterrie par hasard au beau milieu d’un immense bazar terrestre. Feu l’artifice!

S‘en aller plutôt conquérir la sève des mots, et protéger nos acquis. Un droit après l’autre. L’amarre sied l’aise / Aux urnes citoyennes / un papier nous plions / rêvons et espérons / que le bon sens perdure / et abreuve la raison. 

*

Bonjour chez vous,

ZD

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