GAME OF DRONES

De toutes façons il valait mieux en arriver là, c’est évident. Qui voudrait encore raconter la fièvreuse virée du chou et de la rose de nos jours ou, pire, la trépidente soirée au bras de Mireille l’Abeille? Ben voilà, personne. Du mensonge bucolique qui voudrait faire passer Adam et Eve pour des martiens même pas sortis de l’océan. Pfff, mais tout le monde sait bien qu’il suffit simplement d’un peu de vérité pour affronter les questions des enfants :
« Les bébés, comment on les fabrique? Ok, allons-y, où-âne-tout-trie : un oeuf fécondé papa maman machin tout ça gros bidon et shazam neuf mois plus tard tu es né, voili voilou, bonne journée à la crèche mon lapinou! ». Grâce à ce type de réponse ultra-calibrée, nul doute que ton reroll pourra s’élancer vers une longue série de rêves impromptus, absolument timburtondavidlynchés. Nous les appellerons Les Visites de Bob  (éponge incluse).

RAS LES PÂQUERETTES

Or il était une fois la mer, LA MER. Elle avait donné naissance à un monde incroyable, vraiment incroyable, un monde où de gentilles pillules mirifiques remplaçaient parfaitement les repas équilibrés, et aidaient nos sourires à conserver un parfait éclat, serein, sans aucun pépin à déplorer. Bref, la belle vie tou di dou di. Tout de scaphandres revêtus, comme il tardait à nos ancêtres les joyeux quidams de booster les ennemis hors de leurs plates-bandes. Cousines des guêpes, de viles rondouillardes à rayures jaunes et noires répugnantes n’en finissaient plus de bourdonner en vrille autour des couronnes de pétales. Des litres de parfumade répandus dans l’air, suffocants, écoeurants. Les quidams tondaient, taillaient, de leur mieux. Rien n’y faisait. Les bzzs arrivaient, les fleurs repoussaient! « Ô saint gazon aux brins vert luisant, reviens-nous », criaient-ils. Et ils avaient bien raison. Cette pollinisation à tout-va, bruyante, encombrante, il était grand temps de la sucrer! En prime on éradiquait aussi tous ces sales machins liquides ou cristallisés qui collaient à la main et nous bombardaient le palais de caries.

LA MAFIA RUCHE

Alors, effectivement, l’abeille, elle devait dégager, oh que si, elle et son boucan et ses ruches et ses apiculteurs-trices, ouste de là, exit la reine et ses ouvrières! Bzz-ness is not our business. La bleue sphère a franchement mieux à faire que de préserver du minuscule. D’abord et avant toute autre vie, elle se doit de protéger l’humanité. Eh ouais. Que je me réincarne en brosse à trône d’aisance si nous ne parvenons pas à développer et cultiver notre armée personnelle de chtites merveilles d’abondance : ladies & gentlemen, voici les drones savants! …bah c’est quoi ce grand silence tout à coup? Hein? Mmmaaaiiis nooon, faux, oh la la la, on ne VA PAS les équiper de nanocaméras pour venir tranquillilou surveiller votre cercle privé! Voyons, voyons. D’abord ce ne serait pas très très correct et puis, entre nous, elle est déjà largement disponible sur le Tube et le Book, ta lïfe. Donc qu’est-ce qu’on s’en clique, revenons plutôt à nos boulons.

3, 2, 1, EXTINCTION

Nos super jolies dronettes papillonneront partout, récoltant nectar et info, autant dire que du bon gros gras miel pour nos cages auditives. Du génial, de l’hyper-global design, le génie tic. Ça me rappelle que je dois absolument ressortir ma cassette de pipes en argile. Ce n’est vraiment pas le moment de lambiner, baby, il faut sérieusement s’entraîner à manier du drone anti-plumés. What? Plaît-il? Il n’en existe pas encore. Alors, ça ne devrait plus tarder maintenant. Et comment ça va trop canarder! Hé hé. Hors de question que notre merveilleuse cielitude à vibre-avions se fasse régulièrement spoiler par ces satanés pigeons ou par n’importe quel autre pitoyable volatile. Qu’on se le dise, Kill le gazouillis printanier! Place au silence béton et à la symphonie bitumique. L’opus en klaxon-majeur.

ZIGONASTIE vs FLOWER POWER

Pour ceux et celles, navrant, qui regrettent leur imminente disparition, et patati et patachon, pas de panique no souci, détendu l’élastique, parce que, évidemment, il y aura des T-shirts Save the Bees’ness mis en vente à des euros dérisoires, et dont l’intégralité des 40% tvaprélevés dessus ira renflouer le budget réparations. Of course, Dear Prudence, prévoir les dégâts. Inévitables sont. Une pincée de petits malins vont forcément nous inventer la raquette ou le spray anti-drones. Affligeant, n’est-ce pas Cersei? N’empêche, le monde vogue vers l’aventure et le monde c’est vous, c’est moi, c’est nous. Qu’est-ce qu’on pourrait tenter, du haut de nos pompes à bascules? Planter des fleurs locales, sans pesticide, dans les jardins, sur les balcons, le long des routes, entre les champs, injecter de la bonne manne naturelle à abeilles, pour qu’elles puissent se défendre? Sérieux? Hi hi hi et en avant la révolution dans la prairie, aussi, pendant que sèche mon vernis?

*

Bonjour chez vous,

ZD

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