FICTIF EFFECTIF

*

pour eux

la vie était un enfer

comme s’évertuait à les défaire

tordant mentalement le papier,

les idées

*

et ils maudissaient, et ils malgisaient,

perdus dans mille dossiers aux noms imprononçables

toujours plus farfelus les uns qu’les autres

et aussi nombreux qu’introuvables

*

rangés en déséquilibre

oubliés ou –pire– biffés

paumés chaque jour davantage

abandonnés, bon gré mal gré,

par une espèce de gratte-pages

désâmée

dépalpitantisée

sans histoire

*

pouêt

semblait lui dire le corbeau

coquilles

lui chanter le merle noir

et l’autre

de s’cuire des nouilles le soir

en écoutant le boucan des autos!

*

ils sont revenus

les mots tremblants

l’espace fendu de virgules

et ils sont là à présent

juste en face

à toiser

les bras croisés

le menton relevé

l’oeil fier et larmoyant

la trombine floue et frémissante

*

ils sont venus en silence

quémander un peu d’attention

que cesse leur non-existence

qu’un passage fasse irruption

une simple goutte de vent

qu’ils puissent s’apercevoir

une rencontre

un instant

et qui sait

pourquoi pas

faire semblant d’exister

rien qu’une fois

pour de vrai

*

leurs heures escomptées

l’heurt du conte a sonné

*

récit, rectif’, récif

ainsi parlait

le fictif effectif.

 

 

 

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