L’AFFABLE

 

un petit oiseau blessé

tente de courir

sur le plancher

 

ses ailes brisées

lui font régulièrement

perdre l’équilibre

 

ne bouge pas

dit le chat

réveillé par le fracas

je n’ai pas envie de jouer

ni de manger

je vais simplement te croquer

comme ça

tu ne souffriras pas

 

grains de grêle

brouillant le ciel

fendant l’essieu et les frêles

jet de pierres givrées

cinglant et cruel

l’envol fauché

sans merci ni duel

 

le passereau reconnaissant

s’effondre entre les pattes

son petit bec trop enfoncé

dans une des lattes du grenier

 

d’un coup de langue

le chat lui ferme les yeux

et quitte la scène

 

son silence

fait froid dans le dos

 

il s’avance

gueule bée

puis va s’asseoir

face au temps

dépose sa proie

sur le seuil glacé

et sans mot dire

ni même saluer

pousse du nez

l’à-présent disparu

 

l’un ché

l’autre cru

et leurs différences toutes pareilles

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