Archives de Catégorie: Le Fablier de Serre-Vis

LES SIMPLES

Il y a parfois une petite ombre
sous une phrase 

et les milliers
de feuilles d’arbre
miroitent
sous les traits de soleil
ondulent
vague après vague de vent
murmurent en secret
aux seuls insectes
qui sait ?
aux seules plantes 

petit minuscule
nanoparticule

moi qui avais perdu
la saveur des mots
mes simples
mets compliqués
miens communs propres
en les écoutant
papillonner
je l’ai retrouvée 

Il y a parfois de petites lueurs
sous nos yeux 

dans l’arrondi,
derrière le point, 

l’encre ruisselle
sous la plume
l’encre coule
eau et sang
qu’un souffle infime
peut emporter
l’encre sèche
eau et cendre
qu’une seule larme de pluie
suffit à raviver 

Il y a parfois une petite chance
entre nos mains

BRÈVE DE CORBEAU

une pomme éclatée

un mouchoir en papier encore plié

fraîch’ment déposés

par une marée de jambes et de pieds

sur le vieux bitume 

au goudron dormant sous mille et une 

pâtes à mâchouiller

 

blotti contre ce manteau de grisaille

un troupeau de mégots ratatinés

abandonnés là par flegme ou flemme

défie crânement la poubelle

en forme de cigarette

qui fume encore juste à côté

 

le trottoir-cendrier disparaîtra

par la volonté de la pelle

et le courage de la brosse

de l’employé municipal

qui suit pas à pas son chariot

et les envolées de déchets

le long des devantures et au-delà.

L’AFFABLE

 

un petit oiseau blessé

tente de courir

sur le plancher

 

ses ailes brisées

lui font régulièrement

perdre l’équilibre

 

ne bouge pas

dit le chat

réveillé par le fracas

je n’ai pas envie de jouer

ni de manger

je vais simplement te croquer

comme ça

tu ne souffriras pas

 

grains de grêle

brouillant le ciel

fendant l’essieu et les frêles

jet de pierres givrées

cinglant et cruel

l’envol fauché

sans merci ni duel

 

le passereau reconnaissant

s’effondre entre les pattes

son petit bec trop enfoncé

dans une des lattes du grenier

 

d’un coup de langue

le chat lui ferme les yeux

et quitte la scène

 

son silence

fait froid dans le dos

 

il s’avance

gueule bée

puis va s’asseoir

face au temps

dépose sa proie

sur le seuil glacé

et sans mot dire

ni même saluer

pousse du nez

l’à-présent disparu

 

l’un ché

l’autre cru

et leurs différences toutes pareilles

LULLABY SPELL

 

Old urban trees walk quietly

on their way to the pubs

drinks after drinks, words of the world

feel the warmth of their buzzing leaves

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HAUTBOIS DORMANT

 

Les vieux arbres de la ville

vont d’un pas tranquille

vers les bistrots

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