SILENCE, ÇA TOURNE

La neige est là
si fragile
la neige est là

petits flocons lents
graciles
la neige est là

la neige est là
restera-t-elle ?
la neige est là
tombée du ciel


La neige n'est plus
pluie de cendres
la neige n'est plus

petits écailles de
poussière et d'ambre
la neige n'est plus

la neige n'est plus
reviendra-t-elle ?
la neige n'est plus
tombée du ciel


Petits bipèdes
si fragiles
la terre est là

bombes atomiques
et missiles
la terre est lasse

la mer ondule
la lave gronde
la terre est lasse
et le soleil abonde


Pour l'heure
la neige est là
mais son silence
glace le glas

ça tourne
pourtant
ça tourne

et le vent et le souffle
et le chant 
qui s'essouffle


La neige et, là
quelques traces de pas
de pattes et de roues
au hasard des rues

les choix sont là
quelques suées sans doute
les choix sont là

une seconde
en croise une autre
qui choisit à son tour
la rencontre


N'ai-je éternelle
la ronde rêvée
qu'une fois assise
à terre tombée ?

n'est jeu éternel
qui dure fécond
de leurs parties
s'en vont les pions

n'est jeu éternel
enfants du monde
que la promesse d'éveil










LIEN-SÉANCE

 
qui pour aimer les poèmes ?
 le son en est trop discret
 et si je montais LE VOLUME ?

 est-ce qu’alors m'entendraient
 les sans empathie
 les toxiques
 ou autres voleurs de vie ?

 partition déchirée
 le La se le gardent 
 avec leurs clés 
 et règnent par la terreur en secret
 en vrai donnent le change
 ou bien s’y emploient
 la peur l’inquiétude la pression
 stress avez-vous dit?

 les trônes, c’est compliqué,
 devoirs, responsabilités, 
 alors on simplifie 
 on divise le monde
 pour mieux le tordre
 et le monde divisé 
 entre mille perceptions 
 part en fuite majeure

 de fugue 
 n’en auront pas besoin
 les grandes et les grands qui abîment 
 elles et ils n’ont pas besoin d’aide
 me direz-vous,
 se servir des autres
 leur mentir
 sont des principes bien étranges,
 des paroles blessantes,
 des actes abjects,
 une même petitesse,
 une même cruauté ?
 
 moi je crois 
 que leur place est prête
 
 alors s'asseoir 
 et poser les bagages
 embarquement immédiat
 à destination du mal-vécu
 séparer le sel du faux
 délier la serrure 
 de la malle aux soucis
 tisser à nouveau
 la confiance qui perdure
 comme l'aventure refleurit
 
 un peu de lien-séance.

TISSE-TOILE

sur le ciel et sur la route
lentes et éparses volutes
de velours grisaille
je rejoins les artères tristes
de la ville endolorie
par la crainte et les soucis

je respire lentement
derrière mon masque de tissu
je dévore du regard
les élans vertigineux
des corbeaux, des pigeons,
et plus loin caresse des cils
le feuillage invisible
d'un grand sage d'écorce

aucun, aucune, ne me salue
je fais partie des bipèdes
parasites

le monde des gens
c'est plein d'andouilles
mais c'est heureusement aussi
plein de gens formidables
on les entend moins
seulement leur force est intense
leur courage est immense

celles et ceux-là ont mon respect
les autres ma résilience calme

il fait un temps
à pleurer dehors
doucement
un sourire posé
en dessous,
pour dire la peur qui ronge
mais choisir plutôt
la sérénité
la patience
l'espoir
la confiance

sur le ciel et sur la route
lentes et éparses volutes
de rêves bleutés
je retourne vers mon logis
dans la ville frémissante
où les cœurs à tisse-toile
se réconfortent.

ROUGE CROIX

Confinée vers la toile
le regard fatigué
affalée la voile
remisé le sablier
j’attends
le cœur aux soignants
et aux soignantes
du globe bleu

Mille et une idées halent
ma carafe en ébullition
vers un troupeau de rêves
et d’étoiles
sans date de péremption,
l’union et l’entraide,
la raison, l’émotion,
solides face aux aléas
de la triste contagion
de solitude
d’incertitude
de misère
de souffrance
et d’inévitables
séparations

Abritée sous les mailles
d’un vieux gilet troué
conservé pour sa grande taille
et sa chaleureuse efficacité
je pense les blessures
d’un monde enfin éveillé
qui couve ses désirs
de main tendue et d’égalité,
d'unisson entre les peuples,
s’en vraiment jamais y parvenir
ou sinon à moitié ?

Face au virus se dresse
le menton courageux
de toutes celles et tous ceux
pour qui la détresse
est matière à panser
pour qui les soins et la survie
sont un combat sans répit

Applaudissons les maintenant
et pour toujours
en nos palpitants
et par nos contributions
citoyennes
offrons
une plus juste rétribution

Hissons haut le drapeau
de la sécurité sociale
dont elles et ils sont
les héroïnes et les héros
pour toutes et pour tous
les autres d’entre nous
d'Europe et d'ailleurs.

MERLETINE

juché
sur un conduit de cheminée
le merle noir chantait
hier soir

et il a mis
tellement d’entrain
dans ses notes enjouées
que ma cage
s’est regonflée
d’espoir
de rêves
de possibles aussi

et doucement
a effleuré
ce palpitant
hoquetant
tictoquant

beaucoup n’ont pas
le pire en tête
beaucoup cherchent
l’harmonie
dans cette cacophonie

mes amitiés
à la patience
résistance
au courage
résilience
autour du globe
%d blogueurs aiment cette page :